Les Femmes Démocrates présentent “L’ATFD”, un ouvrage pour rétablir la vérité sur la lutte féministe et afficher leur détermination à poursuivre le combat

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  • Les femmes démoncrates : “Pour les féministes, le combat est toujurs le même, à savoir, l’égalité et la liberté”

La-Femme (La vérité sur la lutte féministe) – “Cet ouvrage est destiné à rétablir la vérité concernant la lutte féministe en Tunisie et à réitérer notre détermination à poursuivre la lutte”, c’est ainsi que Hédia Jrad, de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates, a présenté l’ouvrage intitulé “L’ATFD au cœur des luttes pour l’égalité et la démocratie”, le 11 janvier, lors de la rencontre organisée pour dévoiler cette nouvelle publication de son organisation.

Devant un parterre composé de centaines de militants et militantes, Hafidha Chekir, Hayet Hamdi et Hédia Jrad sont revenues sur les moments marquants du militantisme féministe en Tunisie depuis l’époque de la dictature jusqu’à aujourd’hui. À chaque période, ses enjeux et ses figures, mais le combat est le même, à savoir, l’égalité et la liberté.

“Elles s’appellent Naziha Jomaa, Leila Khaled, Noura Borsali, Raja Ben Ammar, Selma Baccar, Latifa Lakhdar, Nadia Chaabane, etc, et elles ont combattu pour la liberté et l’égalité”, lance Hédia Jrad.

Hommage aux femmes des régions 

L’ouvrage revient notamment sur le rôle des femmes des régions dans la lutte féministe, particulièrement lors de la révolte du bassin minier en 2008.

“Le 05 janvier 2008, les femmes sont sorties dans les rues de Redeyef, des mères de familles aux visages tatoués symbole de la fierté berbère, des femmes politisées, des femmes au chômage, des veuves dont les maris sont décédés dans les tunnels de la mine et qui revendiquaient l’embauche de leurs enfants, les indignées et toutes les victimes d’injustice sont sorties dans la rue avec les jeunes diplômées et les illettrées, scandant les slogans repris lors de la révolution de 2010-11, ‘Travail, liberté et dignité’, ‘Le travail est un droit, bande de voleurs !”, se souvient Zeineb Glanza, citée dans l’ouvrage.

La jeune femme avait participé au mouvement et a été emprisonnée par la suite. Ce sont les avocates et militantes de l’ATFD, Saida Garrach et la regrettée Naziha Jomaa, qui se sont jointes aux avocats des détenus du bassin minier pour les défendre.

L’ouvrage cite quelques militantes du bassin minier victimes de la répression policière, à l’instar de Jemaa Hajji, gravement violentée et hospitalisée suite à son agression, Zakia Dhifaoui, arrêtée, violentée sexuellement et condamnée à 4 mois de prison ferme, Ghezala M’hamdi, et bien d’autres de Gafsa, Redeyef, M’dhilla et Om Laarayes.

Zeineb Glanza rapporte: “On m’a conduit vers un poste de police. Un flic m’a touché le sein en ricanant, il dit: “c’est la liberté sexuelle, c’est bien ce qu’on t’a enseigné à l’association des femmes démocrates?’”. 

“Cet ouvrage vise à sortir de l’ombre ces femmes courageuses qui ont bataillé contre la dictature”, a martelé Hédia Jrad.

Hommage aux Démocrates

La rencontre a été aussi l’occasion derendre hommage aux hommes et femmes qui ont soutenu la mouvance féministe. Des hommages ont été rendus aux anciens compagnons de route de l’ATFD, en l’occurrence, Mokhtar Trifi, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), Omar Safraoui, président de la coordination nationale indépendante de la justice transitionnelle, et la femme de théâtre, Jalila Baccar. L’ATFD a rendu hommage à travers l’ancienne membre de la Constituante, Selma Mabrouk, aux femmes qui ont œuvré à consacrer l’égalité et la liberté dans la Constitution de 2014 au sein de la Constituante.

Le moment n’est pas au répit pour les féministes tunisiennes, souligne Halima Jouini, de l’ATFD: “La Constitution est minée de contradictions et les forces rétrogrades sont toujours là pour nous inciter à être plus que jamais vigilantes”, dit-elle.

Après les luttes menées pour la consécration de l’égalité et de la liberté dans la Constitution, l’heure est à la concrétisation de ces principes, à travers l’instauration, entre autres, de l’égalité dans l’héritage, rappelle la présidente de l’ATFD, Yosra Frawes.

Se défendent d’être une organisation élitiste, loin du peuple, Khadija Chérif, ancienne présidente de l’ATFD, souligne: “que ce soit pour la loi contre les violences faites aux femmes ou l’égalité dans l’héritage, ce sont les femmes des quartiers populaires, les femmes démunies et violentées économiquement et physiquement qui en sont les premières bénéficiaires”.

Publiée par Association Tunisienne des Femmes Démocrates ( Page Officielle) sur Vendredi 11 janvier 2019

Source : Rihab Boukhayatia – Huffpost

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