La-Femme (Handball) – Dans la fraîcheur du BMO Field de Toronto, la sélection tunisienne a conclu son stage nord-américain par un match nul et vierge (0-0) face au Canada. Si l’assise défensive a donné quelques motifs de satisfaction, ce duel laisse un sérieux goût d’inachevé. À quelques semaines seulement du coup d’envoi du Mondial 2026, les choix du sélectionneur interpellent.
Le résumé : Une parodie de match hachée par les rotations
Face à l’agressivité et au pressing haut des « Canucks », les Aigles de Carthage ont d’abord pris l’eau dans la relance durant le premier quart d’heure. Heureusement, la charnière centrale et un Mouhib Chamekh attentif ont permis de stabiliser la barque.
Passé cet orage, le milieu de terrain a enfin commencé à respirer, bien que les occasions franches soient restées extrêmement rares.
La seconde période s’est résumée à un défilé incessant sur la ligne de touche. Les entrées successives de près d’une demi-douzaine de joueurs ont totalement dénaturé la rencontre. Le jeu s’est délité, les automatismes ont disparu et le match s’est terminé sur un score nul et vierge, logique mais profondément ennuyeux.

L’analyse critique : Le piège de la revue d’effectif XXL
Vouloir donner du temps de jeu à tout le monde est une intention louable en début de cycle. Mais à l’approche immédiate de la Coupe du Monde, la méthode pose question.
Comment un nouvel entraîneur peut-il sérieusement cerner et évaluer un effectif qu’il ne connaît pas encore en brisant constamment le rythme de son équipe ?
Le football de haut niveau exige des repères et de la continuité. En procédant à une pluie de changements en seconde période, le staff technique s’est tiré une balle dans le pied :
- L’évaluation biaisée : Un joueur qui entre dans une équipe en plein remaniement n’a aucun repère. Comment juger son niveau réel dans un collectif devenu subitement désorganisé ?
- Le manque de vécu collectif : Ce ne sont pas des bouts de matchs de 20 minutes qui créeront les automatismes nécessaires pour affronter les meilleures nations du monde.
- L’urgence du calendrier : Le sélectionneur n’a plus le temps de faire du laboratoire à ciel ouvert. L’heure devrait être à la consolidation d’un onze type et non à l’éparpillement.
Revue d’effectif : Les joueurs passés au crible
Voici l’analyse des prestations des joueurs ayant participé à cette parodie de match amical :
Les titulaires et satisfactions défensives
- Mouhib Chamekh : Rassurant. Le gardien a été vigilant sur les rares alertes canadiennes du début de match. Il marque des points.
- Ellyes Skhiri : Le patron du milieu. Précieux dans la régulation et l’orientation, il a initié la plus belle transition offensive à la 34e minute. Malheureusement trop seul pour porter le milieu sur la durée.
Les entrants de la seconde période (Le grand flou)
- Khalil Ayari & Sébastien Tounekti : Entrés pour dynamiser les couloirs. Ils ont affiché de la bonne volonté mais ont manqué de munitions et de ballons exploitables dans un collectif déstructuré.
- Mohamed Amine Ben Hmida : Entré pour stabiliser le flanc gauche. Il a fait le métier défensivement mais n’a rien pu apporter offensivement.
- Rayane Elloumi & Mohamed Haj Mahmoud : Lancés pour densifier le milieu de terrain face à l’impact physique canadien. Ils ont subi le rythme haché de la fin de rencontre et ont eu du mal à exister.
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Ismaël Gharbi & Firas Chaouat : Lancés en fin de match comme des sauveurs pour forcer la décision. Un choix tactique illusoire puisqu’ils n’ont bénéficié d’aucun ballon propre à négocier dans la surface adverse.
































