Tunisie : le taux de féminisation dans la fonction publique s’élève à 35,8 et à 25% seulement au poste de directeur général

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La-Femme (Les femmes) – la fonction publique est l’un des secteurs les plus pourvoyeurs d’emplois pour les femmes selon un rapport sur la présence des femmes dans la fonction publique et accès aux postes de décision en Tunisie.

Les résultats de ce rapport qui s’inscrit dans le cadre du projet “mixité et leadership au Maghreb et au Machrek” mis en œuvre par ONU Femmes en partenariat avec la présidence du gouvernement et avec l’appui financier du ministère des Affaires étrangères et du Développement international de la République française (MAEDI), indiquent qu’en 2016, une femme sur quatre ayant un emploi, travaille dans la fonction publique, soit un taux de 26% contre 17% pour les hommes.

Khawla Laabidi, directrice générale à la présidence du gouvernement a souligné, lors d’une rencontre organisée, vendredi à Tunis, pour présenter les résultats de ce rapport que le taux de féminisation des emplois fonctionnels dans la fonction publique en Tunisie s’élève à 35,8 en 2016. Ceci a-t-elle dit, ne doit pas occulter le faible pourcentage d’accès de la femme aux postes à haut niveau de responsabilité. Ainsi, a-t-elle dit, 25% seulement des femmes occupent le poste de directeur général, 30,1% celui de directeur, 33,8% celui de sous-directeur et 40,2% celui de chef de service.

L’oratrice a ajouté que plusieurs recommandations ont été formulées dans ce rapport afin de réduire les inégalités constatées. Il s’agit, d’élargir le champ de la connaissance autour des questions liées aux discriminations de genre dans la fonction publique à travers, notamment, la publication de données relatives à la présence de la femme dans la fonction publique ainsi que l’actualisation et l’analyse de ces données. Il s’agit, aussi, d’analyser le cadre réglementaire à travers le prisme du genre, de mettre en place un plan de développement personnel et de capacitation des femmes en leadership dans la haute fonction publique et de favoriser la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle.

De son côté, le secrétaire général du gouvernement, Hédi Mekni, a souligné, à l’ouverture de cette rencontre, que la présidence du gouvernement attache une importance majeure à la présence de la femme dans la fonction publique et dans les postes de responsabilité, mettant l’accent sur la nécessité d’adopter l’approche genre lors de l’élaboration, de l’exécution et de la révision des politiques publiques dans les différents domaines.

Le responsable a rappelé la création en 2016 du conseil des pairs pour l’égalité des chances hommes-femmes qui a pour mission d’intégrer l’approche genre dans la planification, la programmation, l’évaluation et le budgétisation dans le but d’éradiquer toutes les formes de discrimination entre la femme et l’homme.

Le conseil est chargé, a-t-il dit, d’adopter les plans exécutifs annuels sectoriels pour mettre en œuvre le plan national relatif à l’intégration de l’approche genre et d’en assurer le suivi et l’évaluation.

Le conseil œuvrera, aussi, à identifier les difficultés qui entravent l’intégration de l’approche genre et à proposer les réformes législatives et réglementaires ainsi que les mesures administratives à entreprendre pour surmonter ces difficultés.

La ministre de la femme, de la famille et de l’enfance, Néziha Laabidi a, à cette occasion, mis l’accent sur la nécessité de changer les mentalités pour réaliser l’égalité effective homme/femme dans la famille et la société surtout qu’il existe une réelle volonté politique pour consacrer cette égalité, outre l’arsenal juridique pour lutter contre les discriminations basées sur le genre.

L’homme et la femme en Tunisie ne sont pas en situation de conflit, a-t-elle affirmé, ajoutant que les rapports entre eux sont fondés sur le respect et la complémentarité.

Pour sa part, la député, Jamila Ksiksi a tenu à souligner que la discrimination à l’égard des femmes existe dans toutes les sociétés et qu’en dépit les grands acquis réalisés en Tunisie le chemin reste encore long pour réaliser l’autonomisation politique de la femme et lui permettre d’accéder aux plus hauts postes de responsabilité dans le secteur de la fonction publique en particulier et dans les autres domaines en général.

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