Femmes et Egalité dans l’Héritage : le combat des Tunisiennes se poursuit

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La-Femme (Femmes et Egalité dans l’Héritage) – Elle est ministre, Députée, Enseignante, Médecin, pharmacienne, pilote d’avion, Femme d’Affaires, Agricultrice, artiste, …et j’en passe.

La Femme Tunisienne est, en effet,  présente dans tous les secteurs d’activité, elle participe à côté de l’homme aux dépenses de la famille, elle est acteur à part entière dans la vie politique,  économique et sociale du pays. Mais,  plus de 60 ans après, la Promulgation du Code du Statut Personnel, la Femme Tunisienne est toujours considérée comme la moitié de l’Homme en matière d’héritage.
 
le CREDIF a relancé aujourd’hui le débat sur cet état de chose, en organisant une conférence sur” l’égalité dans l’héritage entre une  nouvelle approche du texte coranique et les variations sociales”, des sommités comme les universitaires, Olfa Yousself, Naila Sellini, Souad Triki, ou encore, des sociologues comme Mohamed Jouili et Imed Militi ont enrichi le débat en rappelant les textes coraniques traitant de l’Héritage, expliquant et analysant la profondeur et le sens exact des mots, loin des interprétations et de toutes  les littératures des anciens Théologiens et exégètes  qui ont entouré les textes originaux.
 
Pour l’Islamologue Olfa Youssef, ces textes coraniques doivent  être relus et révisés pour pouvoir s’adapter au monde d’aujourd’hui. les interprétations des textes sacrés sont souvent contradictoires. qui- croire? se demande Olfa Youssef, aujourd’hui il faut un débat franc et honnête  qui réunit toutes les franges de la société et toutes les idéologies pour le bien de notre société, car la Femme est le pilier de la famille et donc de la société,  la femme est aujourd’hui capable au même titre que l’homme de gérer un héritage, elle le fait si bien en gérant le budget de sa famille, il n’y a pas de raison pour qu’elle soit lésée en héritant  la moitié de ce qui revient à son frère  a dit l’universitaire. 
  • Olfa Youssef a insisté surtout sur le côté moral de la question, en démontrant le côté inhumain et injuste de cette loi.

L’intervention de Naila Sellini professeur en Civilisation Islamique, a porté sur une nouvelle Approche des héritages, l’universitaire  est   revenue sur  les raisons qui ont empêché l’évolution de la société tunisienne vers l’abolition de cette loi : l’opposition de certains mouvements islamistes, la tradition ancrée dans les familles tunisiennes qui prônent la suprématie du sexe masculin,
 
Naila Sellilni s’est arrêtée également sur les cas d’héritages aux quels  les textes coraniques n’ont pas donné de réponses, notant que ces textes sont incomplets et qu’il faut les combler, l’urgence pour elle, est de diversifier le combat qui doit se faire sur plusieurs fronts: universitaire, associatif, syndical, juridique et politique pour arriver à une justice entre Homme et Femme dans l’héritage.
 
Souad Triki experte en Economie du Genre et du Développement et Maître de Conférence à l’Université de Tunis a démontré chiffres à l’appui, que l’inégalité successorale est génératrice et multiplicatrice d’inégalités économiques et sociales, en effet, l’inégalité successorale freine l’Entreprenariat féminin et l’appauvrit, puisque la faiblesse des Ressources héritées par la femme réduit ses chances d’accès aux crédits et à la propriété, alors même que selon les Nations Unies, la valeur du travail de la Femme dans le monde est estimé de 30 à 60% du PIB par pays.
 
Enfin, on peut dire que le débat s’est déroulé dans une atmosphère plutôt sereine et pleine d’espoir pour l’avenir d’un éventuel projet de loi sur l’Egalité Homme-Femme dans l’Héritage, les sociologues qui ont pris part au débat du CREDIF ont  d’ailleurs souligné que la mobilisation féminine ainsi que celle de la société civile continue depuis maintenant une trentaine d’années et que les choses ont bougé depuis cette date, en faveur d’une justice pour la Femme dans ce combat, l’optimisme est donc de mise, et le 10 Mars prochain une marche sera organisée au Bardo  par plus de 20 ONG qui appelleront à une égalité successorale Homme-Femme, si elle se réalise, la Femme Tunisienne sera la première dans le monde Arabe, et Musulman à avoir ce droit.
 
 

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