Baisse de près de 80% de l’activité touristique d’ici fin décembre

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La-Femme (l’activité touristique) – L’activité touristique enregistrera, d’ici la fin de décembre 2020, une baisse de près de 80% par rapport à l’année écoulée, a estimé le président de l’Observatoire du tourisme Afif Kchouk.

La situation du secteur touristique est difficile, voir même alarmante. Nous faisons face à une situation, réellement dramatique pour des raisons qui n’incombent pas au tourisme tunisien. L’hypothèse que le tourisme tunisien est un secteur fragile est infondée, car le secteur est victime des aléas extérieurs“.

Encore une fois le tourisme tunisien est victime de facteurs exogènes, tels que la révolution du 17 décembre 2010-14 janvier 2011, l’attentat de Djerba (Ghriba le 11 avril 2002), ceux de Sousse et du Musee du Bardo en 2015 et aujourd’hui la pandémie du COVID-19“, a expliqué le Président de l’Observatoire du tourisme dans un entretien accordé à l’Agence TAP .

Au début, durant la phase de gestion de la pandémie du Covid-19, nous étions très optimistes, mais avec la poursuite de la propagation de la pandémie, nous devenons plus pessimistes“.

Ainsi, le marché algérien qui est le premier marché de la Tunisie est très contaminé. Les autres marchés de l’Europe de l’Est , en premier lieu, le marché russe, est au rouge et les autres marchés tels que ceux Tchèque et Hongrois sont à l’orange. Il en est de même pour les marchés européens. Même si certains d’entre eux sont au vert pour la Tunisie, la réciproque n’est pas vraie, étant donné qu’à titre d’exemple la Belgique classe la Tunisie comme zone rouge.

En outre, plusieurs facteurs ont bouleversé le déroulement de la saison touristique, tels que le retardement des cours de l’enseignement en Tunisie et en Algérie et même en Europe ainsi que la consommation des congés par les employés dans les pays d’Europe suite à la décision de confinement, en plus de la détérioration du pouvoir d’achat du consommateur.

La Tunisie doit exploiter ses atouts historiques et géographiques

La Tunisie a des atouts historiques et géographiques qui sont pérennes. Notre marché est face à nombre de marchés potentiel qui ont besoin de se déconnecter et la Tunisie est une terre idéale qui se situe au milieu de la Méditerranée et est proche de l’Europe. La Tunisie doit exploiter ces atouts et s’adapter face à cette crise mondiale, d’où le rôle important des professionnels“, a avancé Kchouk.

Les professionnels du secteur doivent s’organiser et être solidaires, en créant des groupements d’intérêt économique, qui leur permettront de faire des économies d’échelle, de vendre, par conséquent, leurs produits à des prix plus avantageux et d’affronter, par ailleurs, le marché étranger et la concurrence.

Ensuite, il faut commercialiser le produit touristique avec les nouveaux moyens de communication basés sur les nouvelles technologies (internet, réseaux sociaux …).

D’après Kchouk, l’autre voie consiste à s’appuyer sur le consommateur, partant du principe le client est roi. Avec l’apparition de la maladie du coronavirus, le client a changé de motivation et ses besoins ont changé également. L’hôtelier doit vendre un séjour, tout en fournissant les moyens de protection nécessaire contre la transmission de ce virus, (la bavette, le gel hydro alcoolique et le savon ) .
En effet, a-t-il expliqué, cette pandémie a précipité ce changement dans les habitudes d’hygiène, lesquelles devraient être préservées même avec l’avènement du vaccin, car nous ne pouvons pas revenir en arrière.

Un secteur hôtelier en difficulté et le marché intérieur ne représente que 30% des nuitées passées

La situation du secteur hôtelier est difficile, suite à la baisse des arrivées aux frontières à savoir celles des Algériens, des Libyens et des Tunisiens résidant à l’étranger. En 2019, le taux des arrivées aux frontières était de l’ordre de 68% (tous ne logent pas dans les hôtels), contre un taux de 30% représentant les nuitées passées par les Tunisiens

Sur 12 millions de Tunisiens, seulement deux millions peuvent aller dans les hôtels, soit par leurs propres moyens, soit dans le cadre des associations et amicales. Ceci montre que l’industrie hôtelière est tributaire des marchés européens.
Ces deux millions des Tunisiens représentent le tourisme hôtelier, or le marché local, ne se contente pas uniquement du tourisme hôtelier, mais compte également sur un autre tourisme qui se développe très bien qui est le tourisme alternatif (les excursions, les circuits, les randonnés…).

Le tourisme alternatif, un produit à développer bien que coûteux

Bien qu’ayant le vent en poupe, ce mode de tourisme n’est pas en mesure de répondre aux objectifs de l’industrie économique touristique, a souligné le président de l’Observatoire du tourisme. Parmi ces objectifs, il a notamment cité l’entrée des recettes en devises, la création d’emplois directs et indirects et la création, par conséquent, des effets d’entraînement multiplicateurs pour dynamiser l’économie nationale ainsi que l’exportation sur place.

En outre, la construction d’une maison d’hôte est coûteuse pour l’Etat du fait qu’il doit fournir en parallèle l’infrastructure routière, sanitaire et sécuritaire nécessaires au profit d’une telle structure,située habituellement dans des endroits exotiques mais parfois enclavés.
Aujourd’hui, il existe une vision du tourisme alternatif, sauf que la continuité de la politique dans ce domaine fait défaut, car chaque ministre veut faire le contraire de son prédécesseur.

En contrepartie, nous comptons aujourd’hui près de 23 mégas projets touristiques qui sont bien étudiés et prêts, dont certains d’entre eux sont des composantes du tourisme alternatif (gîtes ruraux, maisons d’hôtes..), a-t-il conclu.

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