Terreur à la Cité Ezzahrouni : une horde de gamins (de 7-16 ans livrés à eux-mêmes), sévit…. des citoyens barricadés chez eux… 26 pré-ados interpellés !!!

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La-femme (Terreur à la Cité Ezzahrouni) – Les habitants du quartier Essalama de la Cité Ezzahrouni (en petite banlieue de Tunis) se sont barricadés chez eux, en fermant les volets et en tentant tant bien que mal de mettre leurs voitures à l’abri de ces hordes de gamins livrés à eux-mêmes et visiblement sans aucun soutien familial.

Depuis plusieurs jours, ils effrayaient les habitants du quartier Essalama et d’autres quartiers relevant du district Ezzahrouni.

Pendant plusieurs jours, à l’heure du coucher du soleil, des dizaines d’enfants, âgés seulement entre 7 et 16 ans, se regroupent et se livrent à une bataille rangée à coups de pierres et autres projectiles, n’épargnant ni les riverains, ni les passants, ni les véhicules.

Pendant près d’une semaine, les habitants de ces quartiers se sont barricadés chez eux, en fermant les volets et tentant tant bien que mal de mettre leurs voitures à l’abri de ces hordes de gamins livrés à eux-mêmes et visiblement sans aucun soutien familial.

26 pré-ados interpellés

La police du quartier Ezzahrouni, qui a pris acte de l’ensemble des appels de secours des habitants, a dès lors entamé les investigations pour comprendre la dynamique de ces enfants délinquants. Car, pour la police, il ne s’agissait pas tout simplement d’intervenir au quotidien pour disperser ces gamins qui courent très vite, au risque de les retrouver le lendemain, encore plus déterminés.

«Notre objectif était de démanteler définitivement ce petit réseau de délinquants et de comprendre leur mode de fonctionnement», nous explique une source du poste de police. Cette stratégie a finalement porté ses fruits.

Lorsque ces jeunes délinquants ont commencé à se sentir à l’aise et à croire que la rue leur appartenait, la police a frappé fort, en posant un guet-apens à ces gamins qui troublaient gravement l’ordre public. La police a finalement réussi à mettre la main sur 26 pré-ados.

Pour réunir les preuves, la police a réussi à s’introduire dans l’un des groupes créés sur les réseaux sociaux. Ces enfants se donnaient quotidiennement rendez-vous à peu près au coucher du soleil, pour se livrer à ce qu’ils pensent être un jeu sans conséquences: s’envoyer mutuellement de grosses pierres, sans se soucier des dégâts humains et matériels que cela peut causer. Plusieurs voitures ont d’ailleurs été la cible de ces jets de pierres et des habitants de ce quartier ont été blessés.

Conséquence logique

Pour Moez Cherif, médecin et président de l’Association de défense des droits de l’enfant, ces phénomènes sont la conséquence logique de la démission totale de l’Etat quant aux droits des enfants.

«Tout cela est le résultat d’un cumul, explique Moez Cherif. Lorsque vous abandonnez des enfants sans que leur énergie naturelle ne soit orientée vers des activités positives et constructives, il est évident qu’ils vont être enrôlés dans des comportements à risque en général». Pour ce médecin, qui milite depuis des années pour la reconnaissance sur le terrain des droits des enfants, il affirme que, depuis plusieurs mois, ce sont les enfants qui paient le prix fort de la crise.

«La pandémie covid a entraîné, pendant le dernier trimestre de 2020, un blocage total de l’ensemble du système éducatif qui s’est prolongé jusqu’au mois de septembre, laissant les enfants pendant plus de 6 mois dans un abandon total, sans aucune alternative, et puis la reprise en demi-teinte avec des cours un jour sur deux», rappelle le président de l’association.

Pour lui, la conséquence de tout cela, c’est que les enfants ont été livrés à la rue. «Et que voulez-vous que la rue leur apprenne?», martèle Moez Cherif.  «Nous avons alerté à maintes reprises sur le fait que la facture de l’abandon de l’enfance et l’absence d’une vision pour protéger l’intérêt supérieur des enfants, qui d’ailleurs n’a jamais été pris en considération dans ce pays, sera une facture sécuritaire aux conséquences sociales très lourdes», poursuit-il.

Dans les quartiers populaires, contrairement à d’autres quartiers plus nantis, il n’existe souvent ni parcs, ni terrains de jeu, ni encadrement. Dans ces cas, c’est la rue qui devient pour ces enfants un immense terrain de jeu. L’Etat continuera-t-il à adopter la politique de l’autruche face à la détresse de ces enfants, coupables simplement de n’être pas nés au bon endroit ?

Source : LaPresse

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