NAWAMED : La troisième table de l’eau s’attaque à la faisabilité financière des technologies de traitement des eaux non-conventionnelles en vue de leur valorisation

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La Femme (NAWAMED) – La « table de l’eau » est une plateforme d’échange entre plusieurs acteurs et parties prenantes nationales pour discuter et débattre sur l’intégration des Eaux non Conventionnelles (ENC) dans la gestion globale de la demande en eau (GDE), en tant que ressource disponible en milieu urbain à les adapter à des usages spécifiques. Elle est réalisée dans le cadre du projet NAWAMED (https://www.enicbcmed.eu/fr/projets/nawamed) développé dans le cadre du programme de coopération transfrontalière IEV CTFMED et dont le Centre de Recherches et des Technologies des Eaux (CERTE, http://www.certe.rnrt.tn/) est le partenaire tunisien.

Cette troisième table d’eau qui a été organisée mardi 23 novembre 2021 à Gammarth, a abordé la faisabilité financière des solutions de traitement et réutilisation des eaux non-conventionnelles en milieu urbain en présence de différents acteurs dans le domaine de la gestion et réutilisation des eaux. 32 experts dans le domaine de l’eau, représentant des autorités locales, des entreprises privées, des institutions et agences publiques, des bureaux d’études privés et des cabinets d’architectes, ont participé à cette réunion.

Prof. Latifa Bousselmi, coordinatrice nationale du projet NAWAMED, a commencé par une vue d’ensemble des “solutions basées sur la nature” appliquées par le consortium dudit projet ; et a présenté les limitations financières identifiées par les participants lors des deux dernières tables de l’eau et leurs classifications par rapports à d’autres obstacles techniques, légaux, etc. Ensuite, elle a énoncé les objectifs de la troisième table :

– Analyser la faisabilité financière des projets de GDE/ENC sur la base de données d’études de cas réels et d’une évaluation des coûts et des bénéfices.

– Evaluer les différentes opportunités et limites de la mobilisation financière pour les projets GDE/ENC dans les zones urbaines en Tunisie et comment les considérer à différents niveaux d’intervention.

– Discuter la valeur potentielle de l’utilisation d’une bonne évaluation coûts-bénéfices dans les projets de gestion de la demande en eau et de réutilisation des eaux grises dans le contexte tunisien, du point de vue des différents acteurs impliqués.

L’analyse financière a été réalisée sur deux études de cas implémentées et présentées par Prof. Ahmed Ghrabi (CERTE) pour les zones humides construites et Dr. Fabio Masi (IRIDRA) dans le cas des murs verts.  La première étude de cas intéresse la gestion locale des eaux au niveau des écoles primaires. C’est un système autonome implémenté depuis 2009 et qui a intégré l’économie d’eau, la collecte et utilisation des eaux de pluie dans les chasses d’eau, la mise en place d’un système d’assainissement basé sur la nature suivi d’une irrigation souterraine des arbres fruitiers (oliviers, pommiers, amandiers…) en considérant les coûts d’installation et de maintenance liés à la technologie. Quant à Dr. Fabio Masi, Directeur Technique, Gestionnaire R&D de IRIDRA (Italie), il a évoqué dans son intervention l’utilisation « du mur vert végétalisé pour le traitement des eaux grises (LGW/En) » et a présenté les premières conclusions relatives au design, à la maintenance et au retour sur investissement attendu ; en se basant sur l’expérience de l’IRIDRIA dans l’utilisation de murs verts dans plusieurs études de cas. Il a démontré que cette technologie pouvait être considérée comme un traitement écologique acceptable pour l’environnement, qui pourrait être mise en place avec de faibles besoins en capital et en maintenance, ce qui pourrait conduire à sa durabilité. Il a aussi mentionné qu’il y a une grande tendance aujourd’hui à transférer les systèmes de traitement des eaux usées vers des systèmes décentralisés pour promouvoir l’approche de la ville intelligente.

L’intérêt de la table de l’eau, c’est porté par la suite sur l’identification des opportunités et obstacles à la mobilisation financière ainsi que la méthode d’évaluation du “coût-bénéfice” de tels systèmes. M. Yadh Lebbene, consultant et membre de l’association 2C2D a présenté le mécanisme financier « Green Climate Funds (GCF) », rattaché à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Les opportunités ont été bien soulignées mais des limitations d’accès à ce mécanisme ont été mis en relief par les représentants des municipalités présents. De son coté, Dr. Hela Hassairi du CERTE, a détaillé les opportunités de financement au sein du programme de recherche et d’innovation Horizon Europe de l’Union Européenne (Cluster 6). Parmi les thèmes figurent la dégradation de l’environnement, et une meilleure gestion des ressources naturelles grâce à des changements transformateurs de l’économie et de la société dans les zones urbaines et rurales. Thèmes en accord avec les solutions intégrant les ENC. En outre, elle a expliqué les modalités de participation.

De son côté, Dr. Thouraya Mellah, de ESEN/CERTE a présenté la manière d’entreprendre une évaluation coûts-bénéfices, en tenant dûment compte des lignes directrices en la matière et comment internaliser les externalités non monétisées, telles que les coûts des ressources et de l’environnement dans les évaluations ‘’coût-bénéfice’’. Elle a expliqué que cette évaluation est une approche systématique, qui appliquée aux projets des ENC, permettrait d’estimer les forces et les faiblesses des alternatives utilisées/projetées pour déterminer celles qui offrent la meilleure approche pour obtenir des avantages tout en préservant les économies.

Les participants de la troisième table d’eau ont souligné le manque de connaissance des différentes opportunités et des programmes de financement qui concernent des projets de traitement et réutilisation des ENC pour la gestion de la demande en eau en Tunisie. En outre, les acteurs nationaux ont exprimé le besoin de renforcer davantage leur capacité dans l’analyse coûts-bénéfices des projets en lien avec les ENC, car elle devient un processus/exigence politique que les porteurs de projets doivent entreprendre à un moment donné ou au tout début. Les participants ont également mentionné que l’évaluation économique des impacts environnementaux en lien avec la valorisation des ENC apparaît comme l’une des phases les plus controversées de l’analyse coûts-bénéfices en raison des lacunes et des limites des techniques d’évaluation conventionnelles. Par ailleurs, d’après les participants, il serait nécessaire de publier et de communiquer autour de la faisabilité financière des projets de valorisation des ENC implémentés en Tunisie et surtout ceux utilisant des technologies émergentes ou basées sur la nature (NBS) pour un meilleur développement et adaptation.

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