La-Femme (Déficit Commercial) – Alors que les échanges entre le continent africain et la Chine continuent de croître, la question du déséquilibre commercial devient un enjeu central de souveraineté économique. En Tunisie, les données publiées par l’Institut National de la Statistique (INS) en janvier 2026 confirment une tendance lourde : le pays fait face à l’un de ses déficits les plus profonds avec le géant asiatique.
1. État des Lieux : Un Déficit Record pour la Tunisie
À la clôture de l’année 2025, le déficit commercial global de la Tunisie a atteint 21,8 milliards de dinars (TND). La Chine demeure le principal responsable de ce déséquilibre structurel.
- Poids de la Chine : Le déficit avec la Chine est estimé à environ 9,2 milliards de dinars, représentant près de 42 % du déficit commercial total hors énergie de la Tunisie.
- Volume des échanges (2025) : Le flux total a progressé de 8 % par rapport à l’année précédente, mais cette croissance est portée par une explosion des importations plutôt que par un essor des exportations tunisiennes.
2. Pourquoi ce déséquilibre s’accentue-t-il ?
Le « fossé » sino-tunisien s’explique par une asymétrie flagrante dans la nature des produits échangés :
- Importations massives : La Tunisie importe essentiellement des biens d’équipement, des produits finis de consommation, des voitures électriques (secteur en plein boom en 2025) et des composants électroniques.
- Exportations timides : Les exportations tunisiennes vers la Chine (huile d’olive, phosphates, quelques composants mécaniques) restent marginales. Pour donner un ordre d’idée, la Tunisie importe environ 115 fois plus qu’elle n’exporte vers Pékin.
3. Comparaisons Régionales
Contrairement à certains pays d’Afrique subsaharienne qui parviennent à équilibrer leurs balances grâce aux matières premières (pétrole, minerais), la Tunisie, à l’instar d’autres pays du Maghreb, subit de plein fouet la compétitivité chinoise :
| Indicateur (Fin 2025) | Valeur (en TND) | Impact |
| Déficit total Tunisie | 21,8 milliards | Aggravation de 15% / 2024 |
| Part Chinoise | ~9,2 milliards | Premier partenaire déficitaire |
| Taux de couverture | 73,9 % | En baisse constante |
4. Perspectives pour 2026
Pour tenter de freiner cette hémorragie de devises, les autorités tunisiennes explorent plusieurs pistes en ce début d’année 2026 :
- Accords de libre-échange : Des discussions sont en cours pour obtenir des exemptions de tarifs douaniers sur les produits agricoles tunisiens (notamment les dattes et l’huile d’olive) afin de pénétrer le marché chinois.
- Diplomatie économique : Le Forum de Coopération Sino-Arabe prévu en 2026 sera une étape cruciale pour négocier des investissements productifs chinois en Tunisie (usines de montage, infrastructures) plutôt que de simples flux commerciaux.
Note : Si l’Europe (France, Allemagne) reste le premier partenaire global avec lequel la Tunisie dégage souvent un excédent, la dépendance technologique et matérielle vis-à-vis de la Chine rend la réduction de ce déficit particulièrement complexe à court terme






























