Forum de l’OMC à Genève : Entre essor de l’IA et boom des services, la Tunisie consolide son statut de hub exportateur

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La-femme – (ONC : Entre essor de l’IA et boom des services) – GENÈVE – C’est une semaine décisive pour l’avenir des échanges internationaux qui se déroule au siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève

En prélude à l’ouverture du Forum public 2026 placé sous le thème « Accélérateur d’avenir » (Powering the Future), l’organisation a accueilli ce 14 septembre la Journée du commerce mondial et des technologies (World Trade & Tech Day). Réunissant plusieurs centaines de dirigeants publics, d’experts du numérique et d’universitaires autour du mot d’ordre « IA et commerce : Convertir le potentiel en progrès », cette journée a mis en exergue l’interdépendance irréversible entre intelligence artificielle et efficacité des flux commerciaux transfrontières.

Cette dynamique technologique s’articule directement avec le coup d’envoi du Forum public (15-17 septembre), rassemblant plus de 4 000 délégués et 540 conférenciers venus débattre à travers 113 sessions de travail.

Quand l’intelligence artificielle décuple le commerce immatériel

Les discussions menées à Genève confirment un basculement structurel : le commerce des services est devenu la composante la plus dynamique de l’économie mondiale, avec une croissance projetée à 4,8 % pour 2026, surpassant très nettement celle des marchandises physiques.

Couplé aux avancées de l’IA générative, de l’automatisation douanière et des paiements transfrontaliers instantanés, ce commerce immatériel démocratise l’accès aux marchés mondiaux, réduisant les barrières à l’entrée pour les PME, les jeunes créateurs et les femmes entrepreneures. Pour stimuler un dialogue concret et sans langue de bois sur ces mutations, l’OMC innove d’ailleurs cette année avec la tenue de 45 tables rondes à huis clos (Curated Conversations) organisées avec la Geneva Trade Platform, complétées par un Trade Policy Hub reliant directement recherche académique et décisions politiques.

La Tunisie : Plus de 60 % du PIB porté par un secteur tertiaire conquérant

Cette transition numérique et servicielle résonne tout particulièrement avec la réalité économique de la Tunisie. Selon les conclusions de l’examen de la politique commerciale de l’OMC, le secteur des services représente désormais plus de 60 % du PIB tunisien et mobilise près de 55 % de la population active (chiffres consolidés fin 2024).

Loin de se cantonner aux filières traditionnelles comme le tourisme, la Tunisie récolte les fruits de sa diversification dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), les services financiers et l’ingénierie logicielle. Le pays s’impose résolument comme un exportateur net de services commerciaux :
  • Ses exportations de services ont enregistré une croissance moyenne de 7,2 % par an sur la période 2018-2023.

  • Elles ont culminé au record de 10,177 milliards de dollars en 2023, dégageant un solde largement positif face aux 3,523 milliards de dollars d’importations, amortissant substantiellement le déficit de la balance des biens matériels.

Une diplomatie commerciale saluée pour sa transparence et son audace

En marge des débats genevois, un expert de l’OMC s’est félicité de la trajectoire tunisienne, qualifiant le rôle de Tunis au sein de l’institution de « particulièrement actif et positif ». Depuis 2016, la Tunisie a fait preuve d’un engagement constant en matière de transparence, totalisant plus de 50 notifications officielles transmises à l’organisation et couronnées par le succès de son 4ème examen de politique commerciale en novembre 2025.

Cette montée en compétences multilatérale s’illustre également par :

  1. L’ancrage dans les accords d’avenir : La mise en application de l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE) et la ratification pionnière de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

  2. L’affirmation juridique : La première participation active de la Tunisie aux mécanismes de règlement des différends de l’OMC.

  3. L’attractivité des investissements : L’adaptation des cadres législatifs nationaux aux exigences de l’économie numérique et dématérialisée.

À l’heure où l’IA redessine la cartographie des échanges, la Tunisie se positionne à Genève non seulement comme un observateur rigoureux, mais comme un acteur prêt à convertir le potentiel technologique en emplois durables et en valeur ajoutée.

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