Violences faites aux femmes : quel traitement médiatique ?

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La-Femme (Violences faites aux femmes) – L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates considère que les violences faites aux femmes sont une violation de leurs droits humains et une atteinte à la dignité humaine.

À l’occasion des 16 jours d’activisme de lutte contre les violences faites aux femmes qui ont débuté le 25 novembre et se sont terminés le 10 décembre, le jour de la célébration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates a posté la photo d’une femme qui a brisé le mur du silence en mettant à nu les séquelles sur son corps tuméfié des coups portés par son époux. Aussitôt l’image publiée, soit moins de 3 minutes après, Facebook censure la photo et ferme la pageofficielle de l’association.

L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates dénonce avec fermeté :

  • La censure faite au nom de la morale sans considération du contenu et du but de la publication de la photo d’un corps tuméfié suite aux violences subies
  • L’enfermement du corps des femmes dans l’idée d’un corps objet de plaisir et sujet de sédition et la constance dans le déni de la gravité des violences qu’il subit
  • Les obstacles mis à la campagne de sensibilisation et de prévention des violences faites aux femmes

Aussi, l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates demande :

  • Le dévoilement des violences faites aux femmes, sa dénonciation dans tous les médias et le rejet de toute censure arbitraire afin de soutenir les campagnes de prévention et de sensibilisation sur les violences qu’elles subissent.
  • La contribution à la diffusion d’images de femmes rompant avec le système patriarcal qui fait du corps des femmes la propriété des hommes, un corps impudique qu’il faut couvrir.
  • La diffusion d’une culture de non-violence et l’abrogation des discriminations
  • La contribution à la mise en place d’une égalité et d’une citoyenneté entières et effectives pour les femmes, en conformité avec les droits humains dont ceux des femmes forment une part indivisible.
  • La participation à la lutte contre les discriminations à l’égard des femmes et à mettre fin à l’impunité dont jouissent les auteurs des violences.
  • L’encouragement des femmes victimes de violence à briser le mur du silence, à dénoncer les violences qu’elles subissent.
  • La levée de la censure de notre page fondée sur des critères moraux, en rappelant que tout ce que publie l’Association est porteur d’un projet sociétal de diffusion d’une culture des droits humains basée sur l’égalité totale entre les hommes et les femmes. Porter atteinte à ce projet serait lourd de conséquences dans un pays en transition démocratique et ne peut que renforcer le conservatisme, l’obscurantisme et les atteintes aux droits et libertés.