ARP : Comme attendu et après des shows face à la caméra, les députés accordent largement leur confiance au gouvernement Chahed II

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La-Femme (gouvernement Youssef Chahed) – Comme attendu et dans le plus grand respect des tractations et accords partisans de la composante appelée “d’Union Natianale”, le nouveau gouvernement tunisien “Chahed II” a confortablement obtenu, la confiance de l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP).

Le résultat des différents votes est tombé, une quinzaine de minutes avant minuit, ce lundi 11 septembre 2017, et ce, après une journée marathon, au cours de laquelle, les députés se sont évertués à user (pour se faire remarquer par leurs électeurs) de leur sport favori, face à la caméra, à lancer des critiques quelquefois constructives, mais souvent virulentes et acerbes, pour finir par voter en bon ordre de marche. D’ailleurs, les scores réalisés par les différents ministres sont assez éloquents, voir ci-après :

  • Ministre de la Défense nationale, Abdelkarim Zbidi : 153 pour, 22 contre, 3 abstentions
  • Ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem : 151 pour, 22 contre, 5 abstentions
  • Ministre des Finances, Ridha Chalghoum : 153 pour, 22 contre, 3 abstentions
  • Ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari : 140 pour, 25 contre, 12 abstentions
  • Ministre de l’Education nationale, Hatem Ben Salem : 147 pour, 23 contre, 4 abstentions
  • Ministre de la Santé publique, Slim Chaker : 148 pour, 21 contre, 7 abstentions
  • Ministre du Commerce, Omar Behi : 150 pour, 22 contre, 3 abstentions
  • Ministre de l’Industrie et des PME, Imed Hammami : 148 pour, 24 contre, 9 abstentions
  • Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Faouzi Abderrahmane : 142 pour, 25 contre, 8 abstentions
  • Ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, Khaled Kaddour : 149 pour, 22 contre, 5 abstentions
  • Ministre du Transport, Radhouane Ayara : 145 pour, 24 contre, 5 abstentions
  • Ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Mabrouk Korchid : 142 pour, 21 contre, 6 abstentions
  • Ministre auprès du chef du gouvernement chargé des grandes réformes, Taoufik Rajhi : 143 pour, 26 contre, 9 abstentions

Secrétaires d’État :

  •  Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de la diplomatie économique, Hatem Chahreddine Ferjeni : 147 pour, 21 contre, 5 abstentions
  • Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires sociales en charge de l’immigration et des Tunisiens à l’étranger, Adel Jarboui : 133 pour, 22 contre, 11 abstentions
  • Secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé, Sonia Ben Cheikh : 145 pour, 22 contre, 5 abstentions
  • Secrétaire d’État auprès du ministre du Commerce chargé du Commerce extérieur, Hichem Ben Ahmed : 141 pour, 24 contre, 5 abstentions
  • Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et des PME, Slim Feriani : 144 pour, 25 contre, 4 abstentions
  • Secrétaire d’État auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports chargé de la jeunesse, Abdoulkoudous Saâdaoui : 146 pour, 22 contre, 3 abstentions
  • Secrétaire d’État auprès du ministre du Transport, Sarra Rejeb : 124 pour, 25 contre, 12 abstentions

Un remaniement ministériel partiel touchant 13 ministères et 7 secrétariats d’État

Ce vote est intervenu pour accorder la confiance de l’ARP aux nouveaux ministres et secrétaires d’État proposés par le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed. Chaque membre du nouveau gouvernement devait obtenir l’approbation de la majorité absolue des membres (109 voix).

Youssef Chahed avait opéré, mercredi dernier, un remaniement ministériel partiel touchant 13 ministères et 7 secrétariats d’État, après une année de sa formation. Le nouveau gouvernement de l’union nationale s’est étoffé avec un total de 28 ministres et 15 secrétaires d’État après avoir été composé de 26 ministres et 14 secrétaires d’État en août de l’année dernière avant de se limiter à 25 ministres après la suppression du ministère de la Fonction publique et de la Gouvernance.

  • Le remaniement était marqué par la création des ministères du Commerce, de l’Industrie et des petites Entreprises, ainsi que celui des Biens de l’État et des Affaires foncières, outre l’institution d’un ministère chargé des grandes réformes.

Sur le plan politique, le gouvernement est représenté par la majorité des familles ayant signé le pacte de Carthage et qui compte dans ses rangs des noms appartenant à Nidaa Tounes qui a eu la part du lion, le mouvement Ennahda, les partis Afek Tounes, Al Joumhouri, la Voie démocratique, ainsi que des figures proches des centrales syndicales l’UGTT et  l’UTICA.

Parmi les grands chantiers inscrits à l’agenda de ce gouvernement “Chahed II”, figurent ceux de la relance économique et l’instauration des équilibres macro-économiques.

  • Dans ce sens, le chef du gouvernement tunisien a fait état de la mise en place d’une stratégie économique durant les trois prochaines années qui ambitionne de porter la croissance à 5% et de réduire le déficit budgétaire à 3% à fin 2020.

Ce plan entend, de même, réduire la masse salariale à 12,5% et le taux de chômage de trois points, et à maintenir l’endettement à un taux inférieur à 70%.

Chahed a relevé que le nouveau modèle de développement doit se baser sur l’investissement public dans les secteurs stratégiques, qui ne devraient pas sortir du giron de l’État, mais également sur le partenariat public-privé. “Au service des objectifs sociaux de l’État, la croissance économique devrait être une croissance intégrée qui bénéficie à la majorité des Tunisiens”, a encore estimé le chef du gouvernement tunisien, faisant état du lancement d’un programme de développement intégré des régions sahariennes qui représentent environ le tiers de la superficie de la Tunisie.

  • Chahed préconise  l’augmentation de l’âge de départ à la retraite et le taux de contribution sociale, ainsi que la majoration de la cotisation de retraite.

Chahed a, par ailleurs, souligné l’impératif de lancer un ensemble de réformes portant sur l’augmentation de l’âge de départ à la retraite et le taux de contribution sociale, ainsi que la majoration de la cotisation de retraite. Le responsable a estimé que ces mesures restent “insuffisantes”, d’où la nécessite de trouver des sources de financement supplémentaires.

Dans le même ordre, il a relevé que le gouvernement a proposé la création d’une contribution sociale solidaire destinée au financement des caisses sociales afin de sauvegarder le régime de la retraite, plaidant pour la garantie d’une bonne gouvernance des établissements publics.

Tout en affirmant que le budget consacré à aider ces établissements aurait pu contribuer à consolider le budget dédié au développement, à l’habitat social, à l’enseignement et à la formation professionnelle, M. Chahed a annoncé la mise en place d’un programme complet pour la restructuration des établissements publics, insistant sur l’impératif de préserver la paix sociale et de sauvegarder les postes d’emploi et les acquis matériels et sociaux des salariés.

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