Vient de paraître : « Daesh, Géopolitique du conflit »

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La-Femme (Daesh, Géopolitique du conflit) – Loin de s’étioler, la menace terroriste du djihadisme islamiste persiste. Au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Afrique subsaharienne, en Europe… Des combattants extrémistes violentsse prévalant d’un Islam rigoriste ne désespèrent pas de leur volonté d’imposer le califat, d’islamiser le monde. Daesh en est devenue une marque de fabrique, avec diverses déclinaisons. Si de nombreux ouvrages lui ont été consacrés, rares sont ceux qui, écrits par des chefs militaires, se sont approfondis sur ses racines, son contexte historique et ses représentations, comme vient de le faire le général de brigade (r) Mohamed Nafti. Dans un livre intitulé : « Daesh, géopolitique du conflit », qui vient de paraître aux éditions Leaders, il apporte une lecture d’érudit, couplée à l’analyse d’un stratège. Fourmillant de références historiques, de données actualisées, de définitions et de références, cet ouvrage constituera une référence-clef pour décrypter un phénomène inédit, totalitaire et ravageur.

Daesh est l’acronyme arabe de l’Etat Islamique en Irak et au Levant. C’est un terme qui a gagné en popularité bien au-delà des territoires où il est né par l’effet d’une propagande soigneusement faite en faveur de son idéologie extrémiste et de sa violence excessive. L’abondance prolifique de la littérature de ce conflit a largement abordé l’évolution, la vie et les mobiles de l’organisation islamique. Les études qui ont traité cette question paraissent confinées à des approches alternativement sécuritaires, informées de façon culturaliste et distillées sur un mode médiatique. C’est ce qui a conduit l’auteur à s’écarter complètement des opinions classiques sur la plupart des questions qui touchent l’organisation islamique de Daesh et de penser à une nouvelle interprétation pluridimensionnelle et convergente pour expliquer la violence de ce conflit.

Le terme Daesh est très similaire au mot arabe Dahes qui se réfère au conflit arabe préislamique Dahes et Ghabra. Et c’est à partir de ce concept préislamique que l’auteur entame son analyse du conflit en essayant d’interpréter dans la dimension historique et sociale ce conflit fortement conditionnée par une disposition (habitus) à la violence et la rapine.

A l’aube de l’Islam, la communauté musulmane était construite sur la base de valeurs morales et régie par des normes strictes pour la préparer à se défendre mais surtout pour dominer ses adversaires. L’habitus préislamique est reproduit selon de nouvelles valeurs morales. Et le combat sera modelé en une lutte à mort contre l’ennemi non croyant, pour la gloire de la religion et pour un désir de reconnaissance (Thumos).

Toutefois, le conflit ne pourra durer que s’il est soigneusement orchestré par une idéologie religieuse capable de construire un ennemi historique envers lequel les acteurs seront prêts à vomir toute la haine et savourer une vengeance longue et infinie.

Daesh est l’énième conflit au Moyen-Orient contemporain. Est-ce qu’il trouve une origine dans l’esprit de vengeance ? N’est-il pas une quête de pouvoir et un désir de reconnaissance ? N’est-il pas une guerre idéologique et de religion ? Ou bien le jeu des puissances ? Autant de questions qui méritent d’être élucidées en imaginant d’autres matrices de lecture  qui ne s’enferment pas dans un récit réductionniste désormais très collé à l’idéologie religieuse ou dans un narratif sécuritaire qui ne traite que la partie visible de l’iceberg ou encore une mise en scène qui touche  les effets médiatiques liés au phénomène.

Pour découvrir Daesh, nous sommes invités à lire l’Islam, lire l’histoire de cette religion et celle de la société arabe. Pour interpréter Daesh, il importe de sonder la profondeur du contexte historique et décrire un arc évolutif spécifique à son idéologie. Car à défaut de comprendre son idéologie, on n’arrivera peut-être jamais à déchiffrer sa vision. Pourquoi les combattants de Daesh persistent-ils à imiter la génération des premiers musulmans ? Pourquoi veulent-ils se comporter, agir et penser comme cette génération lointaine qui a vécu il ya plus de quatorze siècles ? Est-ce que c’est une question d’habitus ? Et cette fougue au combat ? Et ce combat jusqu’à la mort auquel certains de ses combattants adhèrent avec plaisir ? Est-ce que c’est une question de thumos ?

Daesh est né pour être un conflit contemporain. Un conflit qui se marie à une idéologie de civilisations. On lui prête une idéologie religieuse islamique. C’est évident, puisqu’il se proclame Etat islamique. Mais Daesh combat ses coreligionnaires. Que viennent faire les autres au Moyen- Orient ? Pourquoi combattent-ils Daesh ? Des raisons logiques devraient expliquer les entreprises des différents acteurs qui se liguent pour combattre cette entité islamique. A priori, et comme tous les conflits, on pourrait avancer la présence d’idéologies antagonistes. La présentation d’intérêts dans l’espace du conflit pousse différents acteurs à s’introduire pour les défendre. C’est donc une situation géopolitique par excellence qui prévaut dans cet espace du Moyen-Orient. Elle constitue la dernière partie de l’approche. Il importe donc de l’analyser pour comprendre ce conflit.

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